LE PARFUM DE LA DAME EN NOIR

 

Ce film fait partie de la "Trilogie Rouletabille" éditée par "les Documents Cinématographiques", et comprenant Le Mystère de la Chambre jaune, Le Parfum de la Dame en Noir, et Rouletabille Aviateur.

Sortie DVD en mai 2009

 

Texte alternatif

 

France N&B 109 min

 

de Marcel l'Herbier (1930)

 

 

Avec: Huguette ex Duflos (Mathilde Stangerson), Vera Engels (Mrs. Edith Rance), Kissa Kouprine (Marie), Rolland Toutain (Joseph Rouletabille), Léon Bellières (Sainclair), Marcel Vibert (Frédéric Larsan et Vieux Bob), Maxime Desjardins (le professeur Stangerson), Edmond Van Daele (Robert Darzac et Brignoles), Henri Kerny (le père Jacques), Michel Kovaly (le prince Galich).

 

Scénario : D'après le roman de Gaston Leroux. 

 

Producteur : La Société des Films Osso

 

Résumé

 

Le mystère de la Chambre Jaune s'est certes terminé sur la résolution d'un Mystère, Mais il en a laissé un entier, même si le spectateur ne s'en est pas toujours rendu compte, c'est la personnalité de cette Mathilde Stangerson.  "Fille de professeur" cela évoque plutôt un modèle d'innocente sans passé, moderne "princesse" de l'esprit républicain qui a substitué la méritocratie à l'aristocratie. Car la Dame en Noir elle a un passé,  sulfureux peut être, (mélo)dramatique sûrement, et que le film va nous révéler.

On ira donc encore de surprise en surprise, dans un décor somptueux (le succès du "mystère" a donné des moyens), une intrigue complexe, qui justifie pleinement le DVD, qui comme le roman, permet de relire ou de revoir des séquences dont la subtilité peut échapper au premier regard.

 

La presse

 

"Pour vous" 12 novembre 1931

 

René Bizet,

"...II y aurait injustice de ne pas tenir compte de la personnalité du metteur en scène dans ce film qu'on propose à notre attention. Elle éclate dans maints détails : dans l'habileté à se servir des bruits pour créer une impression d'angoisse, dans le choix de ses personnages féminins secondaires. Kissa Kouprine aux pas silencieux, au visage énigmatique, Wera Engels dont le sourire n'est pas plus sincère; dans ces décors qui, si nettement blancs et noirs, sont comme des dessins de Beardesley. ...C'est un résultat que de tenir en haleine des spectateurs plus fervents et plus acharnés à se laisser prendre au jeu que ceux qui le mènent."

"Ciné-Miroir" 27 novembre 1931

Jacques Dernier

"...II était à prévoir que le film policier retrouverait son succès avec le film parlant parce que la parole y joue son rôle et fait partie de l'action. Tous les bruits concourent, dans un film policier sonore et parlant, à créer l'atmosphère du crime. Tout cela intéresse, émeut et subjugue le public.

...Le triomphe que remportent les films "Le mystère de la chambre jaune" et "Le parfum de la dame en noir" prouve que les hommes, quel que soit leur âge, s'intéresseront toujours aux mêmes drames. Et les plus sceptiques d'entre eux sont les premiers à applaudir le vice puni et la vertu récompensée.",

 

 

"Ciné-Miroir", 27 novembre 1931.

 

Jacques Bernier,

 

"Il était à prévoir que le film policier retrouverait son succès avec le film parlant parce que la parole y joue son rôle et fait partie de l'action. Tous les bruits concourent, dans le film policier sonore et parlant, à créer l'atmosphère du crime. Tout cela intéresse, émeut et subjugue le public. (...) Le triomphe que remportent les films "Le mystère de la chambre jaune" et 'Le parfum de la dame en noir" prouve que les hommes, quel que soit leur âge, s'intéresseront toujours aux même drames. et les plus sceptiques d'entre eux sont les premiers à applaudir le vice puni et la vertu récompensée."  ".

 

 

Le Matin  mai 1979

Le cinéma de Michel Perez

LE PRESBYTÈRE N'A RIEN PERDU DE SON CHARME...

Admirés des surréalistes, chéris par les voyageurs des chemins de fer et par les collégiens affamés d'aventures, les romans de Gaston Leroux recelaient leur formule magique qu'on répéta longtemps comme un mot de passe. Posséder la clé de cette affirmation à la fois limpide et sibylline : «Le presbytère n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat », était une preuve d'imagination poétique, un brevet d'aptitude à l'aventure littéraire, un visa pour le merveilleux.

Ceux qui l'entendirent prononcer pour la première fois dans un ouvrage du cinématographe parlant et sonore durent, logiquement, frémir des pieds à la tête et se sentir transportés vers des mystères que la simple lecture du texte ne leur avait pas encore fait aborder. Je dis logiquement, car les surréalistes détestaient Marcel L'herbier, premier responsable de la transposition sonore du sésame de Gaston Leroux, et il est peu probable qu'aucun d'entre eux ne se soit jamais senti pris de frissons sacrés au spectacle du Mystère de la chambre jaune ou de sa seconde partie, le Parfum de la dame en noir. Troisième film parlant de L'herbier, le Mystère a tous les défauts techniques des films réalisés en 1930 et le Parfum tous les petits progrès sonores des films réalisés en 1931. Le Mystère, c'est peu de dire que c'est théâtral. Personne, à l'époque, n'avait la moindre idée de la façon dont il fallait se tenir, bouger et surtout parler devant une caméra devenue brusquement malhabile à exécuter les prodigieux mouvements qu'on exigeait d'elle au temps du muet (vous savez ce que je veux dire, vous avez vu l'Argent à la télévision il n'y a pas deux semaines). Mais c'est précisément pour cette raison qu'un tel film est précieux. Non seulement son atmosphère sonore est d'une telle étrangeté qu'elle ajoute une profondeur supplémentaire à l'opacité des ténèbres voulues par Leroux, mais encore la maladresse des comédiens est-elle une indication inespérée du style de jeu couramment pratiqué sur les scènes parisiennes et particulièrement sur celles du boulevard avant les années 1930. Pointe extrême de la «ringardise», le Mystère est un document dont le moins qu'on puisse dire est qu'il fascine. Personne, je pense, même les plus acharnés admirateurs de Marcel L'herbier, ne prétendra que les deux adaptations des romans de Leroux soient des chefs-d'œuvre. Ils sont cependant d'une facture propre à retenir l'attention de ceux qui se sont penchés avec curiosité sur l'œuvre muet de leur auteur. Et à déconcerter de la façon la plus instructive et la plus enrichissante ceux qui n'en ont jamais entendu parler. Si le Mystère les étonne par ses balbutiements inspirés, le Parfum les séduira par ses décors (et par ses robes), signés Jacques Manuel et qui sont d'un « Arts Déco» exacerbé. L'imagination décorative y gouverne tout. Il y a de quoi pousser des cris de pâmoison à chaque plan. Tous ceux qui se sentent tourmentés par la mouche rétro se doivent d'aller respirer ce parfum. Ou alors, qu'on les prive de Palace pendant un mois.

Les oubliés du cinéma françaises. Edition du Cerf, Paris 2000

Claude Beylie; Philippe d'Hugues,

" Le réalisateur joue cette fois en virtuose la carte de la mystification. Il subvertit les données de l'intrigue, les entremêlant à plaisir au lieu de la clarifier. Tout se résout en mascarade, miroir aux alouettes et humour macabre: voir les séquences alternées du cimetière et du mariage en grande pompe de Mathilde Stangerson. "Mon but, déclarait-il, était vraiment de faire un film policier féerique, du cinéma au second degré en quelque sorte". Pari ambitieux et tenu." 

 

 

Retourner à la page d'accueil

Fermez la fenêtre

Acheter le DVD